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Mobilité | Fiche M3 - Navette

Mise en place d’une navette

Objectif et intérêt :

Améliorer l’accessibilité du parc d’activité économique (PAE) au départ ou vers un lieu de rassemblement (gare, centre-ville) grâce à une navette réservée aux travailleurs du PAE.

Cette action a pour but :

Les étapes

1. Préparatifs

a) Le porteur de projet se base sur le diagnostic général «mobilité» du PAE pour mesurer le potentiel de mise en place d’une navetteNombre de personnes qui pourraient utiliser une navette. pour le PAE. Les informations minimum à réunir sont :

  • le profil d’accessibilité du PAE :

- l’offre publique de transport (tous modes confondus) dans et aux alentours du parc et la cohérence de l’offre par rapport aux réalités de fonctionnement des entreprises (horaires, fréquences, haltes dans le parc),
- le nombre de travailleurs sur le parc.

  • les initiatives antérieures, actuelles ou futures au sujet de la mobilité au sein des entreprises, de la commune ou de la société régionale de transport en commun,
  • le degré d’implication future de chacun des partenaires nécessaires pour la mise en place de la navette (Qui financerait le matériel roulant et le chauffeur ? Qui coordonnerait le projet et qui réaliserait l’enquête ?).

b) L’enquête mobilité auprès des travailleurs permet de valider le potentiel d’usagers si une navette était mise en place et de déterminer les modalités pratiques de fonctionnement de celle-ci.

Les informations suivantes sont à récolter auprès d’un nombre significatif de travailleurs :

  • Le profil mobilité des usagers du PAE :

- les modes de déplacements actuels utilisés
- l’adresse du domicile
- le régime de travail (travail à pause, temps partiel, horaires fixes/variables)

  • L’avis des travailleurs du PAE : le pourcentage de travailleurs marquant un intérêt pour l’utilisation d’une navette.

c) Le porteur de projet provoque alors une réunion avec l’ensemble des personnes et organismes suivants :

  • les responsables d’entreprises du PAE ou les représentants du club d’entreprises,
  • l’organe public pouvant éventuellement subventionner la navette,
  • le conseiller en mobilité de la commune et/ou l’échevin en charge de la mobilité,
  • l’organisme de transports publics (TEC en Région Wallonne).

L’ordre du jour de la réunion reprend :

  • la présentation des résultats de l’enquête de mobilité
  • la présentation de scénarii possibles budgétisés (taille, itinéraire, fréquence, horaires de la navette)
  • la présentation des possibilités de financement (subvention et/ou sponsor),
  • la décision commune d’un des scénarii,
  • la désignation des responsabilités de chacun dans la mise en place de la navette.

A la fin de la réunion, un groupe de travail doit idéalement être formé.

2. Mise en œuvre

a) La rédaction d’un appel d’offre est effectuée.

b) L’appel d’offre est envoyé à différentes sociétés de transport spécialisées dans ce type de services.

c) Les différents prestataires choisissent une société de transport et un contrat est rédigé.

d) Les différents partenaires du projet et la société de transport rédigent et signent une convention, décrivant le service attendu (itinéraire, kilométrage, horaires, période de circulation, type de véhicule) et les modalités de financement. Elle établit aussi un comité de suivi qui évaluera la qualité ainsi que les possibilités d’optimisation du service mis en place.

c) La mise en œuvre pratique nécessite :

  • la signalisation des arrêts (poteaux),
  • l’identification de la navette (bande sur le pare brise),
  • l’impression et la vente des tickets.

Sur le ticket il est important d’identifier :

  • la date,
  • l’heure ou le trajet (s’il y a plusieurs trajets sur une même journée),
  • le nom de l’entreprise.
3. Communication

Trois actions permettent de faire connaître le service :

Remarque : il est important de poursuivre les actions de communication au-delà de la période de lancement du projet (voir la Fiche-Action M5 "Promotion des alternatives à l’autosolisme").

4. Evaluation

Dès la mise en œuvre, des indicateurs de suivi sont définis pour évaluer et le cas échéant adapter le service proposé.

En voici les principaux :

  • nombre de voyageurs/jour pour chaque trajet,
  • nombre de voyageurs par entreprise/jour pour chaque trajet.

Afin d’identifier où travaillent les usagers de la navette, les tickets mentionnent le nom de leur entreprise. Les entreprises achètent préalablement pour leurs travailleurs des carnets de tickets à un point de contact sur le PAE désigné comme centrale d’achat (entreprise, bureau d’accueil, etc.), via un bon de commande.

Pour évaluer la fréquentation de la navette, le chauffeur collecte les tickets et les classe (une enveloppe différente par jour). Il fait parvenir en fin de semaine l’ensemble des enveloppes à la personne désignée responsable du suivi (une entreprise participant au comité de suivi de la navette). Cette personne réalise des statistiques qui seront présentées en comité de suivi.

Un comité de suivi se réunit périodiquement pour évaluer le service.

Facteurs de réussite

  • Avoir un potentiel important de travailleurs qui ont le même horaire fixe déterminé par l’enquête mobilité des travailleurs.
  • Prendre en compte les horaires de la navette dans l’organisation du travail.
  • Eviter d’allonger de façon trop importante le temps des déplacements des travailleurs : on estime que sur de courtes distances l’usager accepte jusqu’à un doublement de son temps de parcours si il prend les transports collectifs (*Sources : Traject, bureau belge d'étude spécialisé en mobilité).
  • Aménager des arrêts de bus et des trottoirs pour les rendre confortables et sécurisés.
  • Mettre en place une campagne de communication au lancement de la navette mais aussi par la suite (possibilité de réaliser une fiche d’accessibilitéDocument qui reprend de manière synthétique tous les renseignements nécessaires pour se rendre en un lieu déterminé par tous les moyens de transport disponibles : train, bus, métro, voiture, taxi, vélo, marche, etc. du PAE).
  • Donner un prix du transport attractif (tiers payant, indemnité).
  • Provoquer des réunions d’échange d’expérience entre parcs sur les mêmes actions.
  • Présence dans l’équipe d’une personne disposant d’un réseau d’influence.

Obstacles

  • Nombreux partenaires : difficulté d’organiser des réunions suivant agenda de tous.
  • Partenaires avec des intérêts différents.
  • Budget important (subvention possible).
  • Travail de longue haleine (plus d’un an) qui nécessite la présence indispensable d’un coordinateur de projet qui relance constamment les différents partenaires.
  • Changement d’habitudes des usagers : une campagne de sensibilisation périodique est indispensable.

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